Tabagisme
Que faut t'il savoir du sevrage tabagique ?
Raisons évoquées pour ne pas arrêter de fumer ?
- « Je ne fume pas beaucoup (± 10 cigarettes)… » : Sachez qu’on peut associer des complications de tous les systèmes à 1 ou 2 cigarettes par jour. Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel le risque de cancer du poumon ou de maladies cardiovasculaires est nul. Selon une étude publiée en 2005 dans la revue Tobacco Control, fumer entre 1 et 4 cigarettes par jour est ainsi associé à un risque 3 fois plus élevé de mourir d’un infarctus. Vis-à-vis de ce risque, il n’y a donc pas de «petit» ou de «gros» fumeur. De plus, le tabagisme multiplie par au moins 10 à 25 le risque de développer un cancer du poumon par rapport à un non-fumeur. L’objectif est donc d’arrêter le plus tôt possible, quelle que soit la quantité quotidienne de tabac consommée.
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«Cela ne sert à rien d’arrêter de fumer puisque l’air pollué que je respire est aussi dangereux»
Selon une étude publiée en 2005, les microparticules de l’air - qui proviennent en grande partie de la combustion du carburant, du gaz naturel et du charbon - sont à l’origine d’environ 5% des morts par cancer de la trachée et cancer du poumon. Le tabagisme reste de loin le principal facteur de risque: selon le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), il est responsable de 8 cancers sur 10 chez l’homme et de 7 cancers sur 10 chez la femme.
Au total, 80 à 85% des cas de cancer du poumon seraient attribuables au tabac. D’autres facteurs de risque sont connus, tels que l’exposition professionnelle à l’amiante, au radon (mines d’uranium), l’arsenic, le nickel, le chrome, les goudrons... À noter que les risques de présenter un jour un cancer du poumon suite à une exposition à l’amiante sont 50 fois plus importants si la personne est fumeuse.
- « J’ai tout le temps d’arrêter…» : Le temps d’arrêter est avant qu’il y ait du dommage et le dommage s’installe rapidement pour les risques de cancers et de maladies cardiaques. Vous êtes moins en forme et vous ne pouvez faire autant d’exercice. Aujourd’hui, fumer c’est être dehors et loin des autres.
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«Les risques liés à la cigarette ne touchent que les seniors»
En 2012, l’âge moyen au diagnostic du cancer du poumon était de 66 ans chez l’homme et 65 ans chez la femme. Mais il peut aussi frapper les personnes plus jeunes. Dès la vingtaine, des cancers liés au tabagisme peuvent se déclarer, et le risque augmente avec l’âge. En France, 34% des décès qui surviennent chez les hommes âgés de 36 à 69 ans sont attribuables au tabagisme, et 4% pour les femmes.
- « Je ne suis pas capable… » : On est tous capable si on utilise les bons moyens et si on va chercher de l’aide.
- « Mon grand-père n’en est pas mort…» : Il en serait probablement mort s’il avait vécu plus vieux. On n’a pas le même bagage génétique, le même environnement social et le même rythme de vie qu’autrefois. Votre grand-père aurait été en meilleure santé s’il n’avait pas fumé.
- « Il faut bien mourir de quelque chose…» : Il sera toujours le temps de mourir d’autre chose. Mourir d’un cancer du poumon n’est pas très agréable
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«Faire du sport compense les risques liés au tabagisme»
En 2000, 60% des fumeurs interrogés dans le cadre d’une étude française pensaient que le sport protégeait leur corps des dangers de la cigarette. Pourtant, il n’en est rien. Le tabagisme affecte notamment le système respiratoire et le système cardio-vasculaire, mais aussi les muscles. Au passage de la fumée, les agents irritants, comme l’acétone, attaquent les muqueuses respiratoires. Les goudrons, avec leur myriade de substances cancérigènes, ont quant à eux un effet toxique sur les tissus et les muqueuses. Cette combinaison enflamme les bronches et provoque la toux.
À ces effets s’ajoutent les effets de la nicotine. À chaque inhalation, cette molécule entraîne une contraction des voies respiratoires, ce qui diminue la capacité respiratoire. De plus, le monoxyde de carbone entraîne une «asphyxie» des muscles, des poumons et du cœur, qui ne peuvent alors pas supporter d’exercice physique intense. Les muscles souffrant d’un manque d’oxygène, les crampes et les douleurs deviennent plus fréquentes, tandis que la récupération à l’effort devient plus difficile. Enfin, le risque de thrombose est augmenté.
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«Les cigarettes ‘light’ sont moins nocives»
Dans les cigarettes dites «légères», un filtre composé de micro-perforations est supposé diluer la fumée en laissant passer davantage d’air. Le but escompté est l’inhalation d’une quantité moins importante de substances toxiques. Mais avec ses lèvres et ses doigts, le fumeur bouche les perforations. De plus, les cigarettes light contiennent autant de nicotine que les cigarettes classiques. Alors qu’ils pensent fumer des cigarettes allégées en nicotine, les fumeurs ont tendance à garder la fumée plus longtemps dans les poumons et à fumer davantage pour atteindre la même quantité de nicotine qu’avec une cigarette classique.
En septembre 2003, les appellations «light», «légères» ou «mild» ont été interdites mais leur part n’a que très peu diminué depuis. Alors qu’elles représentaient 30% des cigarettes vendues en 2005, ce taux était de 27,5% en 2009. Une imprégnation des consommateurs due à 20 ans de présence en rayon.


